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Il est sans conteste l’un des plus grands buteurs de l’histoire du football malien.

La triple qualité du sens aigu du but, d’une adresse à toute épreuve devant les buts et d’un réalisme presque parfait. Tous les connaisseurs l’auront deviné.

Abdoulaye Koumaré. Celui qui a perdu son prénom au profit du surnom Muller (du nom de l’emblématique attaquant allemand des années 1960-1970, Gerhard Müller, plus connu comme Gerd Müller, champion du monde en 1974 .

Il est bon de rappeler que l’ancien joueur du Djoliba et de l’équipe nationale a été repéré lors d’un lever de rideau d’une rencontre du Djoliba. Pur produit du Réveil Club de Bagadadji (né de la fusion de Santos et de Flèche noire), Muller, sélectionné ce jour-là par le Tout Puissant de Bamako Coura, a séduit tout le Stade omnisports. A la fin de la rencontre, une fois dans les gradins, les supporters du Djoliba, du Stade malien et de l’AS Réal le gratifient de jetons. Chacun voulait le voir évoluer dans son équipe. Mais feu Tiécoro, en bon policier, avait son plan. Il l’a mis à exécution et le reste sera facilité par l’envie que Muller lui-même épousait pour jouer au Djoliba.

 

De la catégorie des cadets, il rejoint les seniors en 1975 où la première séance d’entraînement l’a beaucoup secoué, mais sanctionné par sa convocation à l’internat pour rejoindre ses aînés qui préparaient un match contre le Réal de Banjul, en Gambie. Il a rejoint ses camarades avec un jour de retard parce que ses parents n’étaient pas avisés. Et un enfant à son âge ne pouvait pas se permettre une certaine liberté.  Muller se rappelle à l’époque que le rythme d’entraînement du Djoliba était insoutenable pour un enfant gâté, tellement que les séances physiques étaient dures à supporter. Mais, lui a été galvanisé par le fait que Kéké même s’y adonnait à cœur joie. Sa carrière connaîtra une autre dimension deux ans  plus tard, avec sa titularisation au Djoliba et sa sélection en équipe nationale. Il ne  les quittera que jusqu’en 1988.

Selon Muller, un attaquant est fait pour marquer des buts, ou faire marquer. Il trouve son amour pour le but  logique, parce que c’est sa raison d’être sur le terrain.

Pour évoquer ses bons souvenirs au Djoliba, l’enfant de Bagadadji se rappelle de cette finale de la coupe du Mali de 1978, qui a opposé le Djoliba à l’AS Réal. Quelques mois plus tôt, soit au matin du 28 février, leur maître, Tiécoro Bagayoko, avait été arrêté dans l’affaire de la “Bande des trois”, et déjà essuyait trop de critiques. Parce que l’on  pensait que son ombre était le fruit de la suprématie du Djoliba qui régnait sur le football malien depuis le début de la décennie 1970. Pour la petite histoire, un autre membre du CMLN, qui était un fervent Réaliste, est allé voir les Scorpions pour leur dire que l’occasion est bonne pour démontrer que l’heure de Tiécoro est finie. L’histoire retiendra que les Rouges ont livré quasiment leurs meilleurs matches de la fin des années 1970. Ils remportent le trophée en deux éditions (1-1 puis 2-1).

 

Bon Dimanche à vous tous

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